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lundi 16 janvier 2017

Sculptures 27 rue Popincourt

Au 27 rue Popincourt, cette petite maison ne présente a priori rien d'exceptionnel. Elle est typique d'un habitat faubourien en voie de disparition, menacé par des promoteurs privés ou municipaux toujours prêts à dégainer leurs bétonneuses...


Ne me demandez pas pourquoi mon esprit fureteur a décidé de s'arrêter là, je n'en sais rien moi-même, toujours est-il que nous franchissons le porche...


porche surmonté d'un emblème évoquant la mécanique ou la franc-maçonnerie ?


Au fond de l'entrée, un commerce de linge de maison qui n'est pas notre cible; contentons-nous de rester dans ce passage et regardons...


Un  bas-relief:



Un haut-relief:


des angelots:


Une dame un peu dépoitraillée qui fait de la musique; serait-ce Euterpe ?


J'ignore la raison de la présence de ces sculptures dans un tel lieu. Interrogé, le voisinage n'en sait pas plus. Il me reste à espérer qu'encore un fois, le lectorat de Paris-Bise-Art - qui est rappelons-le le plus cultivé du ouaibe - saura nous apporter la réponse...

27 rue Popincourt, Paris XI°.

dimanche 15 janvier 2017

Boîte à sable place de la Reine Astrid

La place de la reine Astrid est l'esplanade qui se trouve à l'extrémité de l'avenue Montaigne en arrivant au pont de l'Alma.


Au milieu d'un champ de scooters, on aperçoit une boîte à sable qui tente de survivre dans cet environnement hostile...



On voit la grille qui a été ajoutée à la structure car cette boîte à sable - comme ses semblables - sert de cheminée d'aération à un lieu d'appel des cantonniers parisiens.



Cette boîte est la cinquième répertoriée sur ce blog; elle clôt la liste des boîtes survivantes. Pour voir les autres, cliquez sur le libellé "boîtes à sable" ci-dessous.

Place de la Reine Astrid, Paris VIII°.

vendredi 13 janvier 2017

Pianos Erard (3) - L'usine de la rue de Flandre

Quand la maison Erard se trouvera à l'étroit dans ses locaux de la rue du mail, il sera décidé de construire une nouvelle usine dans le XIX° arrondissement. Celle-ci sera implantée en 1874 sur un terrain de plus de 3 hectares (300 mètres de long).
L'accès principal était situé rue de Flandre (aujourd'hui avenue) tandis que les marchandises entraient par le quai de l'Oise, directement sur le canal Saint-Martin, où les chalands apportant le bois étaient déchargés.
 Même si cette usine a fermé ses portes en 1939, elle est encore bien présente dans la paysage parisien.


Sur cette gravure "à vol d'oiseau", nous nous trouvons littéralement au-dessus de la rue de Flandre. Les deux premiers bâtiments abritent les ateliers de fabrication des pianos (à queue à droite, droits à gauche).
Au deuxième plan, les ateliers de découpe du bois avec leurs machines alimentées par des chaudières à vapeur (cheminées).
Enfin, au troisième plan, le stock de bois entreposé à l'air libre, au plus près du canal.


Sur cette carte ayant circulé en 1907, j'ai fléché le bâtiment au toit de tuiles signalant l'entrée de l'usine; il existe encore aujourd'hui.



Les meilleures vues de l'usine Erard viennent d'en haut, comme cette vue aérienne de 1929:
On voit que les deux premiers bâtiments proches de la rue de Flandre ont été réunis.

capture d'écran Géoportail
 Cette vue aérienne prise en 1949 nous montre l'usine vide; elle a fermé avant la guerre.

capture d'écran Google earth
 Après guerre, les ateliers sont convertis en bureaux.
Cette photo prise de la rue de Flandre date des années soixante:


Sur cette vue (2016), les bâtiments de bureaux (toits rouges) ont été doublés pour former une deuxième cour. La partie sud du terrain a vu pousser des immeubles modernes.

capture d'écran Google earth
  Aujourd'hui, la rue de Flandre est devenu avenue et l'usine de pianos abrite les bureaux de la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse).
Notez à gauche le petit bâtiment au toit de tuiles déjà vu sur une carte postale.


Une plaque discrète apposée sur ce bâtiment nous indique que les locaux servirent pendant la guerre de centre de stockage des œuvres d'art pillées par les nazis (RG = Raubkunst).


C'est grâce à Marie-France Laroque, secrétaire générale du comité d'histoire de la CNAV, que j'ai pu faire ces photographies; je tiens à lui adresser ici mes remerciements les plus chaleureux.
   

Difficile de départir les vieux bâtiments des modernes tant le soin apporté à leur rénovation les rend semblables


Le petit œil-de-bœuf en surplomb nous indique que cette aile est ancienne:


Dans la deuxième cour, à demi caché par des constructions plus modernes, ce haut bâtiment blanc m'intrigue...


Il nous faut ressortir et aller rue de l'Ourcq pour voir, au fond d'une petite impasse, ce grand bâtiment:


Typique des bâtiments industriels du XIX° siècle, il est resté dans son jus
C'est le "bâtiment rue de l'Ourcq" que j'avais fléché en vert sur la première vue aérienne.



La prochaine fois que vous passerez dans le quartier, pensez à Sébastien Erard et à ses pianos...


Fin 

110 avenue de Flandre, Paris XIX°.

jeudi 12 janvier 2017

Pianos Erard (2) - La salle Erard (la vraie !)

Revenons quelques instants dans la grande cour de la maison Erard.
Au fond à droite (rectangle vert), se trouve la salle proposée à la location sous le nom de "salle Erard".
Mais regardez au-dessus (cercle rouge), ce bâtiment dont le toit dépasse... Elle est là, la vraie salle Erard !


Au fond de la cour, cette double porte abritée donnait accès à la fameuse salle de musique


Vous êtes perdus ? Ce plan va vous éclairer !
En rouge: la façade (flèche) et la verrière (cercle) de l'immeuble industriel du 23 rue du mail.
En bleu: La courette (entrée des ateliers)
En vert: la façade (flèche) et la grande cour du 13 rue du mail.
En orange: la vraie salle Erard dont une entrée donnait rue Paul Lelong (flèche).


La salle possédait donc deux entrées, l'une pour les "grandes" soirées où les invités passaient par la grande cour, devant l'hôtel de la famille Erard, ce qui explique la double porte cochère facilitant la manœuvre des fiacres.
Le second accès se trouvait au numéro 11 rue Paul Lelong. La façade est toujours là, intacte !



Levez les yeux et vous verrez que les œils-de-bœuf conservent le souvenir de la musique



La porte d'entrée bénéficie d'une semblable décoration mais celle-ci est de création récente.


La salle Erard, présentait des musiciens fameux et de petites formations. Vous noterez que toutes les grandes marques d'instruments possédaient leur salle (Gaveau, Pleyel).


Nous entrons. La porte est ouverte aux heures ouvrables car plusieurs entreprises se partagent désormais le bâtiment.
En effet, le volume de la salle proprement dite a été entresolé et réaménagé, c'est bien dommage !





Au deuxième niveau, les escaliers montant vers le pigeonnier ont conservé leurs ferronneries musicales !



La salle Erard n'était pas une salle dédiée aux concerts symphoniques. C'était une salle plutôt intime consacrée à la musique de chambre, dont la jauge devait être approximativement de 300 personnes. En voici une gravure:


Pour ceux qui connaissent, elle devait être assez comparable à la petite salle Brahms (Brahmssaal) du Musikverein de Vienne:



Vous croyez en avoir terminé avec les pianos Erard ? Vous vous trompez !

à suivre...

13 et 23 rue du mail, Paris II°

mercredi 11 janvier 2017

Pianos Erard (1)

L'intitulé de cet article - Pianos Erard - vous indique que nous allons parler de la maison... Erard !
Si vous n'êtes pas pianiste de concert, ce lien vous aidera à vous rafraîchir la mémoire: Clic ! 


23 rue du Mail: un peu en retrait, un bel immeuble industriel attire notre attention.


L'entrée principale est ouverte, nous entrons;


Après un corridor vitré, nous sommes soudain dans une vaste cour...



Si nous levons la tête, nous découvrons une belle verrière


Dans un coin, une porte (celle de gauche)...


... qui donne sur un superbe exemple d'escalier industriel encore dans son jus


et un peu plus loin, un autre escalier métallique; admirez le soin apporté à la décoration.


Nous ressortons sur le trottoir pour nous diriger vers cette autre porte à gauche, où il est indiqué: "ERARD, entrée des ateliers".


J'ai mis longtemps avant de trouver cette porte ouverte, mais j'y suis arrivé !


Bon, tout déçu, nous voila dans une minuscule courette insignifiante,


La façade (sur jardin ?) de cet hôtel a dû connaître des jours meilleurs...


Nous voila à nouveau dans la rue pour gagner le numéro 13, sur le même trottoir
Nous sommes devant l'entrée de l'immeuble où la famille Erard demeurait et qui était également le siège social et le magasin d'exposition.


Nous entrons. Le porche est double et de belle taille.


Une vaste cour tout en longueur avec à droite l'hôtel particulier des Erard.



Le hall d'entrée est tout simple !
(franchement, il y avait besoin d'un ascenseur pour deux étages ?)


Au fond de la cour à droite, au rez-de-chaussée, se trouve l'ancien magasin d'exposition de la maison Erard. Il est parfois ouvert lors d'expositions ou d'événements divers. 
Cette jolie salle dont je reproduis ici une photo est un espace à louer dans toutes les sociétés spécialisées... Seulement voila, ce qu'on vous présente comme étant la "salle Erard" n'est pas la salle Erard !
On ne nous dit pas tout !


à suivre...

13 et 23 rue du mail, Paris II°.