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mercredi 7 décembre 2016

Les Monts-de-piété du dix-neuvième arrondissement

La rue Bellot, dans le XIX° arrondissement, ne présente pas beaucoup d'attraits. Cependant, en regardant mieux, on reconnait au n° 9 bis un ancien immeuble portant encore les mots "Mont-de-piété".


Architecture classique avec un avant-corps central flanqué de pilastres, ce type de construction fut assez répandu dans Paris (Clic !).
Quoi de mieux pour un architecte de voir une de ses réalisations dans une rue portant son nom ?
Car la rue porte le nom de l'architecte Edmond Bellot qui travailla beaucoup pour... le Mont-de-piété.


Ici, les mots "Mont-de-piété" sont encore visibles:


C'est le même architecte - Edmond Belot - qui réalisa cet autre Mont-de-piété dans le XIX° arrondissement, rue de l’Équerre.



Si la devise de la république est restée, la mention "Mont-de-piété" a ici été effacée.


Merci à Vincent H. qui m'a signalé ces deux immeubles.

9 bis rue Bellot et 13 rue de l’Équerre, Paris XIX°. 

lundi 5 décembre 2016

Paris en détails - Le Marais

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


La Palais de Justice vu d'en haut - La tour de l'horloge

Nous avions déjà vu la tour de l'horloge avant et après sa rénovation.
Nous allons aujourd'hui l'observer de l'intérieur !


Ça grimpe (47 mètres), vous me suivez ?



Je ne sais pas si c'est l'ivresse des cimes, mais je vois beaucoup de bois... Sont-ce les bois de justice ?


Mais si je suis passé par là !


Et nous voici arrivés dans le clocheton qui, comme son nom l'indique, renferme une cloche. On la devine derrière la balustrade.


Le problème, voyez-vous, c'est que la cloche occupe grosso modo toute la surface de cette tourelle et que je me retrouve dans une fâcheuse position: je suis un gros gong ! 


La première cloche dite "cloche d'argent" ou "tocsin du Palais" resta accrochée au sommet de la tour de l'horloge pendant 421 ans, de 1371 à 1792. Elle avait été fondue par Jehan Jouvente.
En plus des heures données par l'horloge, cette cloche sonnait les grands événements du royaume. Pendant la Révolution, on l'accusa d'avoir sonné la Saint-Barthélémy - ce qui est faux - et elle fut condamnée à être détruite en 1792.
La tour resta muette pendant 56 ans, de 1792 à 1848.

La cloche actuelle, fondue en 1848, pèse 1517 kg, a un diamètre de 137,5 cm et sonne en do dièse.


C'est écrit dessus:

Mairie de Paris
      ***
étant maire de Paris
membre du gouvernement provisoire
le citoyen Armand Marrast
      ***
adjoints
les citoyens Buchez, Recurt, Adam
      ***
préfet de police
le citoyen Caussidieri
      
Armand Marrast fut maire du 9 mars 1848 au 19 juillet 1848.
La mairie de Paris fut à nouveau supprimée peu après les événements des journées de Juin pour n'être rétablie qu'à la proclamation de la Troisième République, le 4 septembre 1870.
Il n' y eut que deux maires de Paris pendant la deuxième république.


Profitons de ce balcon unique pour admirer la vue qui s'offre à nous:



Ces photographies sont des collectors ! En effet, prises en juillet dernier, elles vous montrent des quais de Seine sans bouchons, sans fumées et sans klaxons... Quand je vous dis que c'était mieux avant !





Quelques déambulations toujours dans les hauteurs et nous nous retrouvons au-dessus de la grande salle des pas perdus, sous les toits, où des kilomètres de dossiers racontent l'histoire de la justice, votre histoire peut-être...



À force de marcher, arrive un moment où le temps s'inverse; témoin cette horloge et son mécanisme:


Il s'agit de l'horloge de la cour de mai, bien connue:


Mais observons un détail rare à Paris: des fleurs de lys !


Pendant que nous sommes sur ce balcon, voici d'autres cloches, plus petites que celle de la tour certes, mais qui fonctionnent:


Et puis, comment quitter cet observatoire privilégié sans admirer la Sainte-Chapelle récemment rénovée ?



Nous n'en avons pas fini avec le Palais de Justice ! Nous reviendrons !


Cette visite n'aurait pas été possible sans Marc S. à qui nous disons un grand merci !

2 boulevard du palais, Paris I°.

vendredi 2 décembre 2016

Plaque disparue rue Fontaine

Ce n'est pas très grave, me direz-vous, une plaque de plus, une plaque de moins...
Oui mais voila, à l'époque où les bétonneurs, les densificateurs et les destructeurs de tout poil sont à l'oeuvre, encouragés en cela par une mairie de Paris insensible à l'histoire et à la culture, c'est une nouvelle brique de l'édifice culturel parisien qui disparaît.



Cette plaque ira rejoindre dans la déchetterie du petit patrimoine parisien qui marquera le règne de madame Hidalgo, les deux bornes de l'avenue du général Leclerc, le bassin du square Anna de Noailles,  la guérite du square de La Motte-Piquet, la plaque de Jean Allais à Saint-Eustache  et tant d'autres "détails" qui font la richesse d'une ville.



Un grand merci à Claude P. qui m'a alerté sur cette disparition.

45 rue Pierre Fontaine, Paris IX°.

mercredi 30 novembre 2016

Les secrets de Paris

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


Église des Feuillants

Le couvent des Feuillants fut installé par Henri III rue Saint-Honoré en 1587, mais c'est Henri IV qui, en 1597, accorda les privilèges de fondation royale.
Les travaux de construction furent achevés en 1608 sous la direction d'Androuet du Cerceau, François Mansart pour la façade de l'église, et Le Nôtre pour les jardins.



Le portail principal se trouvait dans l'axe de la place Louis le Grand (actuelle place Vendôme). A sa place aujourd'hui, la rue de Castiglione.


Ce sont les religieux qui firent construire les immeubles de rapport bordant la rue Saint-Honoré et qui existent encore aujourd'hui (n° 229 à 235). Ces immeubles étaient imbriqués dans les bâtiments conventuels et adossés à l'église.
Saisi comme bien national à la Révolution, le couvent ne survivra que peu de temps. Il servira un temps de siège au "Club des Feuillants", puis sera utilisé comme réserve d'artillerie, mais les grands travaux napoléoniens (rue de Castiglione, rue de Rivoli) sonnèrent le glas du couvent et de son église. 
Donc, de nos jours, hormis un fameux restaurant, il ne reste rien ?
Pas si sûr...


Entrons. Le porche du n°229 est ouvert aux heures ouvrables.


La première petite cour présente peu d'intérêt, mais levez la tête à droite...


Un immeuble rond ?


Rappelez-vous. Ces immeubles de rapport, lorsqu'ils ont été construits, s'imbriquaient dans les bâtiments conventuels pré-existants. Ce que vous avez sous les yeux est la trace "en creux" de l'abside de l'église ! En effet, quand on a détruit l'église, on a décidé de garder ces immeubles qui conservent pour l'éternité l'empreinte du couvent des Feuillants.
   

Content de ma découverte ? Certes, mais un petit passage me tend les bras...


Une deuxième cour toute propre mais sans grand intérêt... 


Et ça, c'est quoi ?


Et une deuxième !


Je n'aurai qu'un mot: Youpi !
Deux pierres à bois dans une seule cour, c'est Noël avant l'heure !


229 rue Saint-Honoré, Paris I°.

lundi 28 novembre 2016

Hôtel d'Estrées

L'hôtel d'Estrées tire son nom de Madeleine-Diane de Bautru de Vaubrun, duchesse d'Estrées. Il fut construit en 1712 par Robert de Cotte, premier architecte du roi.
Après plusieurs occupants, c'est en 1863 que la Russie achète cet hôtel pour en faire son ambassade.

On pourrait presque dire que nous sommes dans un palais impérial car, par deux fois, un tsar séjourna dans cet hôtel.
En 1867 c'est Alexandre II, venu visiter l'Exposition universelle, qui recevra Napoléon III et l'impératrice Eugénie.
En octobre 1896, c'est Nicolas II et la tsarine Alexandra Fedorovna qui passent trois jours ici.

L'hôtel d'Estrées restera l'ambassade de l'URSS (sauf pendant la 2° guerre mondiale) jusqu'en 1977, date de l'inauguration du hideux cube de béton du boulevard Lannes. On continuera cependant à parler russe rue de Grenelle car après le départ des services consulaires, d'importants travaux de restauration seront menés afin de redonner à l'hôtel son cachet d'origine; c'est désormais la résidence de l'ambassadeur de Russie.


Il n'est pas si fréquent que ces hautes portes soient ouvertes; nous profitons des journées du patrimoine pour notre visite.
Dès l'entrée, les trois couleurs communes aux drapeaux russe et français sont mêlées dans un tableau symbolisant l'amitié multiséculaire franco-russe.


Les premières pièces du rez-de-chaussée constituent les appartements occupés par Nicolas II et son épouse lors de leur visite à Paris en 1896.




L'ancien bureau de l'ambassadeur est somptueux !



Notez sur le bureau la "brochette" de téléphones, bien dans la tradition soviétique.


Le salon gris présente des dessus de portes en grisaille représentant des puttis exerçant différents métiers humains.



N'oubliez pas que chez les russes, l'humour ne perd jamais ses droits !


Après avoir salué Pierre-le-grand, nous empruntons ce superbe escalier:


L'antichambre et ses lambris



Le salon doré est éblouissant !
Coupé en son milieu par quatre colonnes cannelées, il nous laisse imaginer les soirées de l'ambassadeur en robes de bal et grands uniformes...




Sous le regard bienveillant du tsar et de la tsarine !


L'ancienne grande salle à manger, aujourd'hui salon vert



Le grand salon rouge n'est rien moins que l'ancienne salle du trône de Nicolas II.




Cette plus petite salle à manger avait été redécoré en vue de la visite du tsar Alexandre III qui n'a jamais eu lieu.


En se rapprochant de la corniche, on reconnait la fameuse aigle bicéphale des armes de la Russie impériale.


Voila ! Un grand merci au personnel de l'ambassade pour son accueil et un grand merci à la Russie de prendre soin du patrimoine !
Большое спасибо и до свидания !


79 rue de Grenelle, Paris VII°.