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mardi 30 août 2016

Jeu de l'été 2016 (22)

Dernier opus de notre jeu de l'été cette année !
Dites-moi où se trouve cette cheminée:


Bonne chance à tous !

lundi 29 août 2016

Pavillon de la Muette

Hors Paris

Des pavillons de chasse, on en trouve beaucoup dans les domaines royaux de Fontainebleau, Versailles, Rambouillet ou Compiègne, mais ici, dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye, le roi veut pouvoir dormir; nous sommes loin de Versailles et le soir les routes sont peu sûres ! On construira donc à la Muette un pavillon de chasse de taille imposante, avec tout le confort de l'époque.
Louis XV chargera son premier architecte Ange-Jacques Gabriel de lui proposer un projet. Aussitôt approuvé par le roi, les travaux commencent, réutilisant les fondations d'un ancien château de François I°. Le pavillon de la Muette sera le plus beau et le plus grand de tous les rendez-vous de chasse de l'ancien régime.


C'est donc après un trot allègre à travers la forêt que nous arrivons, mon fougueux destrier et moi, devant le pavillon endormi. La douce lumière matutinale et le vieux puits en premier plan, tout est là pour la carte postale !


Il est tôt; les visites ne commencent qu'à 10 h.
Profitons-en pour contourner les lieux en suivant les limites du grand rond...
Les bâtiments à gauche sont les communs et font partie du domaine



Toute la superficie du "grand rond" ainsi que les allées d'accès ont été débroussaillées


Un bruit ! Les volets s'ouvrent. Il est l'heure !


C'est le propriétaire qui nous accueille; il se chargera de la visite.
Nous commençons par la salle des officiers des chasses, couverte de boiseries. Le plafond vient d'être refait.


La cheminée est en marbre rouge du Languedoc, comme au Trianon !


La pièce centrale - le grand vestibule - était le "débotté du roi"... Je vous laisse deviner son emploi !


Aux murs, des boiseries simples certes, mais identiques à celles de la salle de billard du Petit Trianon de Versailles (atelier Guesnon et Clicquot).


Le hic, voyez-vous, c'est que si vous levez la tête, il y a comme un défaut !
Le plafond s'est effondré en 1994.


On voit au travers du plafond effondré l'ancien appartement du garde que Napoléon s'appropriera après 1809. Cette cheminée était celle de sa chambre.


L'escalier est à peine sec: il vient d'être refait



Toutes les huisseries sont refaites selon les règles de l'art.
Mais où mène cet escalier ?


Descendons !


Et c'est le choc ! Les cuisines ou plutôt le "réchauffoir" sont tout à fait comparables à celles du petit Trianon de Versailles.



A droite de la cheminée, un curieux tournebroche récupéré au château de Saint-Cloud.


Nous remontons à présent pour découvrir la plus belle pièce du pavillon: "le salon à l'italienne". On y jouait aux cartes, parait-il.
Les boiseries d'origine sont des mêmes artisans (Guesnon  et  Clicquot) qui réalisèrent celles du petit Trianon.


Ici aussi, les plafonds viennent d'être refaits



Il faut savoir que le pavillon étant situé au centre d'une étoile, chaque allée qui rayonnait au départ du pavillon était située dans l'axe d'une fenêtre


Un petit détail comme je les aime: vous voyez ce grand miroir dans un coin du grand salon ?


Et bien si vous passez derrière, vous vous apercevrez qu'il s'agit d'une glace sans tain !
Le propriétaire-guide pense que cette installation était destinée à tricher aux cartes, alors que ma pensée naviguait vers des cieux plus obscurs...


Regardez cette peinture de Joseph-Louis-Hippolyte Bellangé. Vous voyez la jeune dame en blanc à qui Napoléon III présente les équipages de vénerie devant le pavillon de la Muette ? C'est la reine Victoria, venue le 25 août 1855 en compagnie du Prince Albert à l'occasion d'une visite officielle.

Royal collection trust/© Her Majesty Queen Elizabeth II

***

Je ne méconnais pas la polémique qui a précédé la vente du pavillon de la Muette à un particulier. Ce pavillon de chasse remarquable avait traversé l'histoire de France sans jamais sortir du giron de l'état.
Après la guerre, il est utilisé jusque dans les années soixante-dix par une obscure filiale de l'ORTF.

Laissé à l'abandon, il est attribué à l'ONF en 1984, mais sans réel usage.
Sans soin, sans chauffage, sans gardiennage, le bâtiment se dégrade rapidement. Les "occupants sans droit ni titre" (en français "squatters") n'arrangent rien.
Le plafond s'effondre en 1994; le pavillon est condamné.

Lorsque l'ONF, par l'intermédiaire de France Domaine, mettra en vente le pavillon, les défenseurs du patrimoine protesteront. J'ai moi-même fait partie de ceux qui étaient choqués qu'un Etat impécunieux boucle ses fins de mois en vendant les bijoux de famille.

Aujourd'hui, quel est le bilan ?


Si l'on compare quarante ans de gestion désastreuse par l'Etat et deux ans de gestion privée, il n'y a pas photo ! Où plutôt, si, regardez ces photographies "avant/après", elles sont parlantes (Clic !).
Alors, bien sûr, on ne peut pas tirer d'enseignement de cette vente réussie, mais j'atteste qu'en l’occurrence, le patrimoine est gagnant !


Le nouveau propriétaire est un passionné qui a "cassé sa tirelire" pour sauver un vaisseau en perdition. Les travaux sont réalisés dans le plus grand respect  des règles de l'art, soutenu en cela par la DRAC et par un architecte du patrimoine.

Le pavillon de la Muette est désormais ouvert aux visiteurs pendant la belle saison (Clic !).
----> Les dernières dates pour 2016: 3/4/17/18/24/25 septembre.

Allez visiter ce lieux unique et rencontrer un passionné qui, si vous le poussez un peu, sera intarissable sur la grande histoire, mais aussi sur la petite. Parlez-lui de la taille des pierres du sous-sol, des dalles changées sur ordre de Napoléon I°, du dessin anamorphosé de certaines fenêtres, etc, etc...
Vous ne regretterez pas les 5 € que vous coûtera cette visite, d'autant qu'ils seront intégralement affectés à la restauration du pavillon !

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Route forestière des pavillons, Forêt domaniale de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).

jeudi 25 août 2016

Château de Fontainebleau (15) - Théâtre et clap de fin

Hors Paris

Suite et fin de notre visite du château de Fontainebleau

Nous voici de retour dans la cour d'honneur, face à l'aile Louis XV où se situe l'entrée du public. C'est dans l'extrémité de cette aile (à droite sur la photo) qu'un théâtre va être construit en 1857 par l'architecte Hector Lefuel. Cette salle va remplacer l'ancienne comédie (Aile de la belle cheminée) en s'inspirant de l'Opéra royal de Versailles.

Le théâtre impérial s'appelle désormais "Théâtre Cheikh Khalifa bin Zayed Al Nahyan", du nom du sultan d'Abou Dabi qui a financé à hauteur de 5 millions d'Euros (2 ans de budget Paris-plage) la restauration de la salle.
Même si je suis infiniment reconnaissant à cet homme de goût pour ce beau geste, je désapprouve cette coutume en vigueur aux USA de nommer une salle du nom de son mécène; en France, on appose une plaque. Il eut été bon de le faire savoir au ministre de la culture de l'époque...
Vous me pardonnerez donc de continuer à parler du "théâtre impérial".


Cette visite s'effectuera guidée et sur réservation préalable uniquement, le nombre de visiteurs admis étant restreint.
C'est par un escalier (encore un, je ne sais plus son nom !) que nous accédons à l'étage noble où nous pénétrons dans le vestibule impérial.



Napoléon III et son épouse avaient en effet un accès direct qui leur évitait d'avoir à se mélanger au populaire... (j'aurais adoré ça !).


Le couple impérial bénéficiait d'un petit salon d'où il accédait directement à la loge impériale...



... Nous voici dans la loge des souverains, avec une vue sur ce petit bijou de théâtre



Les deux fauteuils centraux étaient réservés à l'empereur et à l'impératrice; les autres sièges étaient attribués en fonction du rang protocolaire de chacun.


Les récents travaux de rénovation n'ont pas concerné la scène qui est encore "dans son jus".



Notez les oculi au-dessus du lustre; pendant les représentations, ils abritaient des policiers chargés de surveiller l'assistance.




Un détail du plafond:


Le théâtre est volontairement plongé dans la pénombre pour ne pas endommager les tissus.
Les visiteurs sont cantonnés dans un petit espace de la loge impériale permettant certes une vue d'ensemble, mais très frustrant pour les curieux !


Cette vidéo made in "Château de Fontainebleau" vous montrera les différentes étapes de la restauration du théâtre impérial:


Après cette dernière visite intérieure, nous ressortons dans la cour d'honneur



Au passage, nous remarquons un éclairage à huile - comme à Paris - encore intact:


C'est par le célèbre escalier en fer-à-cheval que nous terminons cette visite. Je ne sais pas pourquoi, mais il m'a semblé que c'était le bon endroit pour faire ses adieux !


On me dit dans l'oreillette que je ne serais pas le premier... Admettons !

Photo Bruno Barral

La visite que nous venons d'effectuer - intérieur et extérieur - a duré à peu près six heures, de 9h30 à 17h00 sans perdre de temps, mais avec une pause-déjeuner en ville.
Il est donc illusoire d'espérer tout voir en quelques heures.
Nous n'avons pas vu l'appartement du pape, la salle de bal, la galerie des cerfs, la galerie des colonnes, l'appartement des chasses, l'appartement de madame de Maintenon, la double chapelle (haute et basse) Saint-Saturnin, et j'en oublie !
Bref, une visite de Fontainebleau se programme sur deux jours, pas moins !

Je ne saurais trop vous conseiller de consulter le site du château.

 Comme tout château, comme tout musée, certaines salles peuvent être fermées au gré des travaux, des manques de personnel et au gré des réceptions privées en préparation (Bah oui, il faut bien se financer !). C'est souvent frustrant, mais c'est aussi un bon prétexte pour revenir !

Tout ça pour vous dire que le château et le domaine de Fontainebleau doivent figurer en tête de liste de vos prochaines visites. Consacrez-y deux jours, en semaine de préférence, et vous comprendrez pourquoi Napoléon disait en parlant de Fontainebleau que c'était
"La vraie demeure des rois, la maison des siècles." 


Fin

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