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vendredi 17 mars 2017

Une rénovation exemplaire

La portion de la rue Réaumur comprise entre la rue des petits carreaux et la rue Saint-Denis est curieusement plus large que le reste. Cette section fut la dernière à être percée en 1894 et inaugurée par le toujours vert président Félix Faure en 1897.

Contrairement aux immeubles prestigieux à l'architecture débridée rencontrés ailleurs, le côté impair de la rue (square Pierre Lazareff) présente plusieurs immeubles pré-haussmanniens, ce qui est curieux pour une voie haussmannienne !
La raison en est que ces quelques anciennes demeures se trouvaient rue Thévenot avant le percement de la rue Réaumur; elles ont été englobées dans cette rue.

Intéressons-nous à l'immeuble portant le numéro 75.
Cet ancien hôtel du XVII° siècle fut bâti pour le sculpteur français d'origine néerlandaise Martin Desjardins (né Van den Bogaert).



Il y a quelques années encore, c'était un garage, puis l'immeuble resta plusieurs années sans affectation jusqu'à ce que la ville de Paris s'en porte acquéreur et entreprenne une rénovation exemplaire.


L'ancienne porte cochère et sa clef décorée d'un cygne qui ressemble un peu à Nessy, le gentil monstre écossais...



Heureusement, tous les murs n'ont pas été revêtus de placo...




Ces bas-reliefs de Desjardins, qui ornent l'entrée, ont été débarrassés du badigeon gris qui les masquait. 




Voyez ce superbe escalier:


Et bien figurez-vous que vous êtes dans une Hlm de la ville de Paris, ce qui prouve que quand on veut, on peut ne pas construire des horreurs...
On regrettera seulement l'éclairage trop blanc dû à l'emploi d'ampoules au mercure dites écologiques...


Détail amusant: bien que dans une Hlm, les classes sociales sont respectées, avec cet escalier qui ne bénéficie d'une rampe en fer forgé que pour la desserte des étages nobles !


Encore bravo à la ville de Paris pour cette rénovation exemplaire, trop rare hélas.
Et un grand merci à Claude P. à qui nous devons ces photographies !

75 rue Réaumur, Paris II°.

9 commentaires:

Anne a dit…

Magnifique, tout n'est pas négatif dans notre capitale. Je veux croire que les appartements de cet immeuble n'ont pas été attribués à "quelques privilégiés" mais alloués sur dossier.

marc a dit…

J'ai un doute, le bas relief (la soumission du doge de Génes à Louis 14 sauf erreur) est-il une copie ou un original de Desjardins?

le grand barde de PBA a dit…

mais bien sûr cher JPD , moi qui me demandais pourquoi la rue était plus large à cet endroit
J'ai déjà vu dans cette partie de la rue Réaumur des jeunes gens se livrer à un sport que je qualifierais d' extreme pour moi
Le jeune homme situé dans le wagon de tête du métro ligne 3 direction Pont de Levallois sort comme une fusée par l'issue de la rue Réaumur au métro Réaumur Sébastopol et tente en courant comme un dératé de reprendre le même train en queue en pénétrant dans le métro Sentier par l'issue rue des petits carreaux ; je ne puis vous dire si c'est souvent couronné de succès

Pierre a dit…

Rien à voir avec votre article mais ne sachant où placer l'information, je vous la délivre ici. Le mythique studio Davout, situé sur le boulevard du même nom, fermera définitivement ses portes le 9 avril prochain après cinquante ans d'activité. Pour faire simple, les plus grands du monde de la musique y ont enregistré. Le studio, racheté au propriétaire par la Mairie de Paris, sera bientôt transformé en logements sociaux...

JPD a dit…

@ Pierre: Oui, j'ai vu ça (sur Tweeter), c'est désolant.
Cette municipalité'si elle pouvait, raserait tout Paris pour y construire des clapiers en béton, comme si Paris n'était pas déjà la ville la plus dense d'Europe !
Et que dire des transports saturés qui vont recevoir encore plus de passagers ?

JPD a dit…

@ Marc:
Je ne sais pas. Peut-être des moulages ayant servi à la fabrication des originaux ?

le grand barde de PBA a dit…

Rajouter des logements sociaux dans ce quartier qui en est déjà bien pourvu c'est d'une débilité
dans cette histoire une seule gagnante , la localité de banlieue où s'installera le studio Davout et tant pis pour Paris

marc a dit…

J'avais visité il y a quelques années le 75 rue Réaumur, à l'époque l'escalier en bois était bleu. Suite à l'article, je me suis rendu hier sur les lieux pour voir cette restauration : c'est superbe.
Néanmoins, alors qu'il y a quelques années, on entrait sans difficulté au 75. Il y a désormais deux portes et un agent de sécurité.
C'est effectivement la rançon de notre triste époque: on restaure puis on "résidentialise" pour éviter les destructeurs, voleurs ou taggers de toute sorte. Le Marais est rempli d'anciens endroits fabuleux désormais inaccessibles.
Mais on ne peut pas faire autrement
(heureusement un gentil résident m'a laissé rentrer)

Toad Knickers a dit…

Je vous suis régulièrement et j'apprécie vraiment votre blog qui est fichtrement intéressant.
Néanmoins, qu'est-ce que vous savez m'agacer aussi ! J'essaye parfois de suivre votre logique : pourquoi ne râlez-vous pas contre la ville de Paris (ou la SIEMP ou autre) pour cette opération alors que ce bâtiment a vraisemblablement changé de destination, comme le 90 de la rue Rochechouart ? certes le garage qui occupait ces lieux avait fermé mais comme cela devait être vivant à l'époque, bruyant, et sale, le Paris qu'on aime, non ? et qu'a-t-on maintenant ? des logements proprets, probablement vides la journée ! Et puis il me semblait à vous lire que c'est ce que vous déploriez à Paris aujourd'hui, impulsé notamment par la bétonneuse en chef. Certes, c'est bien rénové, on ne peut que s'en réjouir, mais une belle rénovation n'oblige pas au changement de destination... Aidez-moi à vous comprendre : on peut faire du logement et cautionner le départ d'activités économiques au centre de Paris si on fait une belle rénovation ? Quel sort réserver aux bâtiments qui ont le malheur d'être plus ordinaires ? Doit-on se désoler du fait que les gens aillent travailler la journée et désertent ces habitations ?
Bref, je vous titille (avec bienveillance) parce que je trouve que vous exagérez un peu parfois. ;)
Continuez en tout cas ce formidable travail, c'est passionnant et je vous en remercie.