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lundi 27 mars 2017

Revoir Paris

Un nouvel ouvrage vient d'arriver dans la bibliothèque de Paris-Bise-Art.
C'est par là: Clic !


Rencontre avec Jean Serolle

Ça commence par un petit cochon dont le sourire m'attire alors que j'étais en train d'attacher mon fougueux destrier...
Je m'approche pour le photographier quand soudain un homme sort et pose à terre un panneau "atelier Jean Serolle".



L'entrée est libre, profitons-en !
Une seule petite grande pièce aussi bien rangée qu'un atelier d'artiste, c'est normal, c'en est un !


Ne trouvez-vous pas qu'il y a du Jackson Pollock chez cet homme ? (tableau à droite)


Justement, cet homme, le voici ! Il a tenu à vous saluer, je vous présente Jean Serolle:



Une belle rencontre... Ça, c'est Paris !




67 rue Broca, Paris V°.

Graffiti rue de Lisbonne

On sait ici combien je déteste les graffiti d'aujourd'hui lorsqu'ils consistent pour des presqu'humains à gribouiller partout, un peu à la manière des animaux qui marquent leur territoire en pissant dans les coins.

Il en va tout autrement pour ces gamins de l'occupation déjà résistants qui traçaient des croix de Lorraine sur les murs au nez et à la barbe des nazis. Savaient-ils qu'ils risquaient leur vie ?

Nous sommes rue de Lisbonne, derrière l'église Saint-Augustin, où un poste de Police occupe le rez-de-chaussée de la mairie.


Regardez bien à gauche de la porte, vous la voyez cette croix de Lorraine ?



Et ici, près du panneau d'affichage (celui de droite), regardez celle-ci tracée à la va-vite, et une autre, plus petite:




Regardez ce document et écoutez Jean Rispal parler des graffiti : Clic !

Merci à Wei Wang qui m'a signalé ce souvenir.

1 rue de Lisbonne, Paris VIII°.

vendredi 24 mars 2017

Youpi !

Voulez-vous que je vous dise ? L'informatique, c'est épuisant !


Rue Broca

La rue Broca, anciennement rue de Lourcine, doit sa sinuosité à la Bièvre qu'elle longeait jadis.
En dépit de plusieurs immeubles bétonneux et cubiques, il subsiste quelques vieilles maisons du côté des numéros pairs. 



Regardez le numéro 28; une solide grille protège un petit passage, mais elle s'ouvre aux jours et heures ouvrables:


Entrons sans faire de bruit...



Rien de spectaculaire certes, mais une certaine qualité de silence






Paris ? C'est tout au bout là-bas !


28 rue Broca, Paris V°.

lundi 20 mars 2017

Palais de Justice - De Saint-Louis à la glyptographie

Nous poursuivons notre exploration du Palais de Justice de Paris, toujours guidés par Marc S.
Vous trouverez sur le plan ci-dessous des repères chiffrés pour vous situer.


Nous sommes à proximité de l'atrium de Belleyme; jetons un œil à cette salle d'audience au plafond magnifique (Repère 1).


Je ne vous présente pas la salle des pas perdus...

Mais connaissez-vous l'origine de ce nom ?
Après la défaite de Napoléon, le retour de la monarchie s'accompagna de l'élection d'une Chambre des députés très majoritairement royaliste; Louis XVIII l'appellera "la chambre introuvable".
Mais un an plus tard, le gouvernement dut dissoudre la chambre car elle était devenue "plus royaliste que le roi".
On organisa donc une nouvelle élection qui vit une partie des anciens députés être battus - on les appela les "perdus" - et une partie des députés être réélus qui prirent le nom de "pas perdus".
Ces derniers se virent allouer une salle du Palais Bourbon pour leurs réunions; la "salle des pas perdus" était née !


Nous saluons au passage le Président Debelleyme qui a quand même réussi à avoir son buste !


Nous voici dans les bureaux des anciens avoués auprès du tribunal de grande instance, profession intégrée à celle d'avocats.
Cette partie du palais, bien que reconstruite au XVIII° siècle, laisse entrevoir dans ses entrailles  des voûtes médiévales ainsi qu'une statue acéphale du XIV° siècle. Combien d'autres trésors emprisonnés dans ces murs ?
Repère 2



Merci aux dames que nous avons dérangées et qui nous ont gentiment laissé faire ces photographies !


Sous l'ancien régime, l'organisation de la justice était différente de celle que nous connaissons aujourd'hui.
À l'intersection de la galerie marchande et de la galerie des prisonniers, on peut encore en voir un témoignage: ces frontons qui jadis ouvraient sur des salles disparues, illustraient plaisamment chacune des juridictions.
A gauche, ce fronton représente la "maîtrise des eaux et forêts", juridictions de la pêche, de la chasse et des moulins: on voit des filets, un poisson et...une tête de biche (les familiers des lieux parlent de la tête de veau du palais). Repère 3


Accès interdit au public et changement de cadre !
Nous sommes dans le secteur de la cour de cassation, dans la galerie Saint-Louis. 
Repère 5



Vous ai-je dit que j'aimais les plafonds ?


Au milieu de la galerie, une statue polychrome de Saint-Louis trône en majesté (auteur: Eugène Guillaume):


Il est entouré de deux tableaux peints par Olivier Merson en 1876 montrant Saint-Louis libérant des prisonniers et jugeant le sire de Coucy.



Pour la petite histoire, la main du roi a été recollée (un peu maladroitement); elle avait été victime d'une bombe d'action directe en 1975.


La galerie "des prisonniers":


Cette couronne est celle des Orléans. Elle se cache dans un réduit vitré près de l'entrée du Palais, au pied de l'escalier Louis XVI. Mais pourquoi se cache-t-elle ?
Repère 6


À l'origine, le grand fronton de la cour de Mai était orné d'une couronne qui fut détruite à la Révolution. C'était bien sûr la couronne des Bourbon.
Quand Louis-Philippe constata ce vide, il voulut réparer cette blessure en plaçant sur le fronton "sa" couronne, celle des Orléans. Hélas, le temps lui manqua pour voir sa couronne en place, car la révolution de 1848 interrompit les travaux. On remisa la couronne des Orléans dans un placard où elle se trouve encore...
Mais, allez-vous me dire, il y a bien une couronne sur le fronton aujourd'hui ! Oui, et c'est une copie (de la couronne Bourbon) que la République, bonne fille, accepta de mettre en place au début du XX° siècle. 


Nous descendons maintenant dans les sous-sols du Palais.
Repère 7
Si je vous parle de labyrinthe, je suis en-dessous de la vérité. Est-ce ici que Dédale enferma le Minotaure ?
Premier étonnement: cet empilement de blocs de pierre juste derrière une porte...


Mais la surprise, c'est cette salle habituellement utilisée pour entreposer des fournitures, où deux murs de pierre nous regardent !
Par chance, ces photos ont été réalisées lorsque cette pièce avait été vidée, non pour accueillir PBA, mais en prévision d'inondations...


De très gros blocs impeccablement alignés... 


De nombreuses marques de tâcherons:




Alors, ce que nous voyons, qu'est-ce ?
Il me faut vous dire que les rares familiers du Palais qui connaissent cet endroit parlent du "mur romain".



Si nous regardons ces cartes de l'île de la cité (empruntées à l'Atlas historique de Paris), nous voyons qu'un mur avait été bâti entre le nord et le sud de l'île (flèches rouges)
Ce mur séparait la cité du Palais et suivait à peu près le contour est de l'actuel Palais de Justice (boulevard du Palais).


Ce rempart avait été construit entre la fin du III° et le début du IV° siècle, à l'apogée de la Lutèce gallo-romaine.
Il tombera peu à peu en déshérence jusqu'au IX° siècle, quand les invasions normandes provoqueront le désir de se mieux protéger. Il est vraisemblable que pour fortifier ce qui sera le Palais Royal de la Cité jusqu'en 1431, on réutilisa les blocs de pierre du mur gallo-romain. 

L'Académie des inscriptions et belles-lettres pense comme moi ! (ou l'inverse...)


Ne vous inquiétez pas, nous allons bientôt revoir la lumière du jour, mais ce sera dans un prochain épisode !

à suivre...

Est-il utile que je répète que cet article n'aurait pas été réalisable sans le concours de Marc S. ? Merci à lui !

Rappel: pour voir les autres articles consacrés au Palais de Justice, cliquez sur le libellé "Palais de Justice" ci-dessous.

4 boulevard du Palais, Paris I°.